Les Carrières de Lumières, aux Baux-de-Provence, occupent un site doublement remarquable : d’un côté, d’anciennes carrières de pierre calcaire exploitées depuis l’Antiquité, qui ont fourni la roche du château et du village médiéval des Baux, ; de l’autre, l’un des plus grands centres d’art numérique au monde, qui projette en 360° des expositions immersives sur les parois minérales.
Le lieu se trouve au cœur des Alpilles, dans le Val d’Enfer, à 25 minutes en voiture de Saint-Rémy-de-Provence. C’est l’une des sorties culturelles les plus identifiantes du territoire, et l’une des rares qui mêle vraiment art contemporain et paysage minéral.
De la carrière à la Cathédrale d’Images
Les carrières du Val d’Enfer ont été exploitées depuis l’époque romaine et tout au long du Moyen Âge. C’est ici qu’on extrayait la pierre blanche tendre du calcaire local, particulièrement adaptée à la sculpture et à la construction. L’exploitation s’est arrêtée au début du XXᵉ siècle, laissant derrière elle des salles immenses à plafond plat, soutenues par des piliers naturels, l’architecture des carrières souterraines.
En 1977, le journaliste-photographe Albert Plécy a l’idée d’exploiter cet espace minéral pour la projection. Il fonde la Cathédrale d’Images, qui présentera pendant trois décennies des spectacles audiovisuels sur les parois. Le concept anticipe, avec les moyens techniques de l’époque, ce qui deviendra plus tard l’art immersif numérique.
2012 : la reprise par Culturespaces
En 2012, le site est repris par Culturespaces et renommé Carrières des Lumières. La technologie de projection passe au numérique haute définition : plus de 100 vidéoprojecteurs, son spatialisé, exposition immersive renouvelée chaque année. La première exposition, « Gauguin, Van Gogh, les peintres de la couleur », marque le tournant.
Depuis, le site présente chaque année une nouvelle exposition immersive, projetée à 360° sur les parois, Klimt, Vermeer, Chagall, Cézanne, Kandinsky, Monet, Dalí, Vincent van Gogh, Cocteau, Yves Klein, Egon Schiele… La programmation 2026 propose « Picasso, l’art en mouvement » et « Frida Kahlo, en plein cœur », présentes à partir du 13 février 2026.
L’expérience : ce qu’on voit, ce qu’on entend
Le visiteur entre dans des salles minérales à très haut plafond, dans la pénombre, sur un sol de pierre. Les œuvres se déploient simultanément sur les murs, les piliers et le sol, c’est le caractère « immersif » du dispositif : pas d’écran, pas de cadre, la peinture devient le décor. La bande-son, spatialisée, accompagne le mouvement des images et change selon la zone où l’on se trouve.
La température intérieure reste stable autour de 15°C toute l’année, détail à connaître : prévoir une veste, même en plein été. Le parcours est libre, sans temps imposé ; comptez environ 1 heure de présence, davantage si l’on veut voir plusieurs cycles de projection.
Quand venir
Les matinées en semaine hors saison sont les créneaux les plus calmes, la fréquentation devient sensible à partir de 11h en juillet-août. La réservation en ligne est conseillée toute l’année, indispensable en haute saison. La billetterie couplée avec le château des Baux-de-Provence (situé à 5 minutes à pied) offre un tarif avantageux.
Préparer un séjour dans les Alpilles
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