VALLOIRE

Notre-Dame de l’Assomption à Valloire : chef-d’œuvre baroque savoyard

Par l’équipe AEC Collection Publié le 25 mai 2025 · mis à jour le 28 mai 2026 4 min de lecture

De l’extérieur, c’est une église de montagne sobre, presque austère : façade beige, clocher à bulbe, ouvertures étroites pour résister au froid de la vallée. Rien ne laisse soupçonner ce que l’on trouve à l’intérieur. L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Valloire est l’un des plus beaux exemples du baroque savoyard du XVIIᵉ siècle. Dorures, retables sculptés, peintures murales encadrées de stucs, l’intérieur joue la démesure que la façade s’interdit.

Le bâtiment est posé au centre du village, à 1430 mètres d’altitude, sur la route du col du Galibier. C’est l’un des rares édifices religieux des Alpes françaises à offrir un décor aussi complet, conservé sans rupture majeure depuis sa consécration en 1682.

Un chantier de cinquante ans

L’église a été construite entre 1630 et 1682. La direction des travaux a été assurée d’abord par le Révérend Père Dupré, de 1639 à 1682, puis relayée par le Révérend Bertrand Martin à partir de 1679. La consécration a été célébrée par Monseigneur Hercule Berzetti, évêque de Maurienne, dont les armoiries figurent encore dans le décor du chœur.

Ce chantier long s’inscrit dans un mouvement plus vaste : à l’époque, la Savoie est un État indépendant de la France, et l’Église catholique y conduit une grande réforme, la Contre-Réforme issue du Concile de Trente, qui se traduit dans l’architecture religieuse par des intérieurs richement décorés, théâtraux, destinés à donner une réponse visuelle au dépouillement des temples protestants. La Maurienne, comme la Tarentaise voisine, devient l’un des foyers les plus actifs de ce baroque alpin.

Plan, voûtes et décor mural

Le plan de l’église est simple : une nef unique voûtée, un transept bas et un chœur à fond plat. C’est une typologie courante dans le baroque alpin, où la nef en berceau permet une lecture facile du décor peint. La voûte est traitée en panneaux peints représentant l’Adoration du Saint Sacrement et quatre Mystères de la Vierge, encadrés par des moulures de stuc.

Au-dessus du chœur, l’ensemble en gypserie, guirlandes, feuillages, angelots tenant les instruments de la Passion, converge vers un point central : les armoiries de l’évêque Berzetti, mécène et consécrateur. Le programme iconographique entier suit la logique baroque de l’élévation : le regard part du sol, monte le long des piliers ornés, et culmine dans la lumière de la voûte.

Le retable majeur de 1673

L’élément central de la nef est le retable majeur, sculpté en 1673 par François Rymellin, originaire de Durbach (Bade). Restauré en 1852, il déploie un programme à plusieurs niveaux : statues de saints, colonnes torses, scène d’Assomption au registre supérieur. Le travail du bois doré, en relief profond, donne au retable une présence physique presque sculpturale.

L’église conserve plusieurs autres retables latéraux, et l’ensemble forme un programme cohérent, l’un des rares conservés intégralement en Maurienne. Les ateliers locaux et étrangers (Bade, Tyrol) ont contribué au décor, ce qui explique la variété des styles dans une seule unité de lieu.

Pratique : visiter l’église

L’église est ouverte au public toute l’année, sous réserve des offices. L’accès est libre, sans billet, sauf pour les visites guidées qui peuvent être organisées par l’Office de tourisme de Valloire ou par la Fondation Facim, qui gère le label Pays d’art et d’histoire des Hautes Vallées de Savoie.

La visite dure entre 30 et 45 minutes pour qui veut prendre le temps de lire le décor. La lumière du milieu de matinée, qui entre par les fenêtres hautes du côté sud, met particulièrement en valeur la voûte peinte.

Préparer un séjour à Valloire

AEC Collection sélectionne et représente des chalets à Valloire et dans la vallée de la Maurienne. La visite de l’église, comme celle des autres édifices baroques de la Maurienne (Saint-Nicolas-la-Chapelle, Saint-Sigismond d’Albiez, chapelles d’altitude), se fait en autonomie.