SAMOËNS

Jardin botanique alpin La Jaÿsinia : 8000 plantes du monde au-dessus de Samoëns

Par l’équipe AEC Collection Publié le 25 mai 2025 · mis à jour le 28 mai 2026 3 min de lecture

Au-dessus du centre de Samoëns, accroché à un coteau calcaire exposé sud-ouest, s’étage le Jardin botanique alpin La Jaÿsinia, un jardin classé « Jardin remarquable », créé en 1906 et placé sous direction scientifique du Muséum national d’Histoire naturelle de 1936 à 2023. À sa fondation, derrière le projet, une figure : Marie-Louise Cognacq-Jaÿ, fille de paysans de Samoëns devenue cofondatrice de La Samaritaine à Paris.

Le jardin abrite aujourd’hui 8000 plantes, réparties en 4500 espèces et variétés, en grande majorité issues des cinq continents : flore de montagne et de zones froides du monde entier, du Caucase aux Andes en passant par l’Himalaya et les Rocheuses.

De Samoëns à La Samaritaine, et retour

Marie-Louise Jaÿ, née à Samoëns le 1ᵉʳ juillet 1838 dans une famille modeste, quitte le village à 15 ans pour tenter sa chance à Paris. Elle y rencontre Ernest Cognacq, qu’elle épousera, et avec qui elle fonde le grand magasin La Samaritaine, devenu, en quelques décennies, l’une des plus grandes maisons commerciales d’Europe.

Le couple, sans enfant, déploie une œuvre philanthropique considérable. À partir de 1904, Marie-Louise imagine offrir à son village natal un jardin botanique alpin et une villa destinée à abriter un médecin, projet sanitaire autant que culturel, dans un Samoëns encore enclavé. Le chantier est confié à Jules Allemand, architecte paysagiste connu pour les rocailles du parc Ariana à Genève.

200 ouvriers, deux ans de chantier

Le terrain choisi est une pente raide, parsemée de blocs calcaires, dominant le village. 200 ouvriers sont mobilisés pendant deux ans (1905-1906) pour creuser les terrasses, monter les murets, acheminer la terre végétale, planter les premiers spécimens. Une cascade artificielle, des bassins, un kiosque et une chapelle néogothique complètent l’aménagement. L’inauguration a lieu en septembre 1906.

L’architecture paysagère originelle est encore très lisible aujourd’hui : circulation en lacets, points de vue sur la vallée du Giffre, rocailles qui rappellent la haute montagne reconstituée à 720m d’altitude.

Cinq continents en un seul jardin

La collection est organisée par aires biogéographiques : Alpes, Pyrénées, Massif central, Caucase, Himalaya, Sibérie, Amérique du Nord, Andes, Nouvelle-Zélande. Cet ancrage en altitudes froides du monde permet la cohabitation, sur quelques hectares, de plantes qui ne se croisent nulle part dans la nature, gentianes alpines voisinant avec des saxifrages himalayens, edelweiss côtoyant des rhododendrons caucasiens.

La direction scientifique du Muséum a longtemps fait de La Jaÿsinia un conservatoire de plantes rares ou menacées. Plusieurs espèces sauvegardées y ont été réintroduites in situ dans leur milieu d’origine.

Quand visiter

La floraison principale s’étale de mai à juillet, c’est la période où le jardin déploie sa palette la plus large. Septembre garde un intérêt pour la floraison tardive et les couleurs d’automne. L’entrée est gratuite. Comptez 1h30 à 2 heures de visite tranquille ; le dénivelé interne est sensible (la chapelle est au point haut, à 850m), prévoir des chaussures qui tiennent.

Préparer un séjour à Samoëns

AEC Collection sélectionne et représente des chalets et appartements de standing à Samoëns et dans les villages voisins du Haut-Giffre. Le jardin se visite en autonomie depuis le centre du village.