CALVI

Veau aux olives corse : la recette balanine au veau corse et olives Sabina

Par l’équipe AEC Collection Publié le 25 mai 2025 · mis à jour le 28 mai 2026 4 min de lecture

Le veau aux olives est, avec le civet de sanglier et la pulenda di castagna, l’un des trois plats les plus emblématiques de la cuisine corse traditionnelle. À Calvi et plus largement en Balagne, il se prépare avec un veau corse semi-libre et des olives vertes du terroir, dans une cuisson lente qui donne une viande fondante et une sauce parfumée aux herbes du maquis.

Une recette pastorale, transmise depuis des siècles

Le veau aux olives s’enracine dans la tradition pastorale corse. Le veau, élevé en liberté dans la montagne et le maquis, donnait une viande de qualité limitée en quantité, qu’on cuisinait par mijotage lent pour la rendre fondante. Les olives apportaient l’élément végétal salé et aromatique, cultivées sur les terrasses ensoleillées du littoral et de l’arrière-pays.

La combinaison veau + olives s’inscrit dans la cuisine d’hiver et de fêtes familiales : c’est un plat qui se prépare le matin pour le déjeuner, ou la veille pour être encore meilleur réchauffé.

Le « veau corse » : une particularité d’élevage

Le veau corse n’est pas une race en soi (les bovins corses sont issus de races robustes méditerranéennes), mais un mode d’élevage spécifique :

Les animaux passent la majeure partie de l’année en liberté dans le maquis et les zones d’alpage.

Ils se nourrissent de pâturages naturels, sans aliments concentrés industriels.

La période d’élevage est plus longue que dans l’élevage continental (10 à 14 mois pour le veau, contre 6-8 mois en élevage intensif).

Résultat : une viande plus rouge, plus ferme, plus marquée en goût que le veau de boucherie standard. Elle supporte particulièrement bien les cuissons lentes en sauce, où elle révèle ses arômes.

Les olives : le choix qui change tout

Les olives vertes sont l’autre pilier du plat. En Balagne, deux familles principales :

La Sabina, variété locale à peau lisse, chair ferme et goût marqué, cultivée traditionnellement autour de Calvi et de l’Ile-Rousse.

L’olive de Calvi ou l’olive de Patrimonio au sens large, en saumure légère, dénoyautée ou non.

Préférer les olives en saumure peu salée, jamais en bocal acide industriel. Un blanchiment préalable de 5 minutes adoucit les olives et évite que la sauce devienne trop salée.

La recette pour 6 personnes

Liste de courses pour 6 personnes

  • 1,2kg d’épaule de veau corse en morceaux
  • 300g d’olives vertes corses dénoyautées en saumure
  • 150g de lardons fumés
  • 2 oignons émincés
  • 4 gousses d’ail écrasées
  • 3 tomates fraîches ou 1 boîte de tomates pelées 400g
  • 2 cuillères à soupe de concentré de tomate
  • 25cl de vin blanc sec corse (Vermentinu de Patrimonio ou de Calvi)
  • 1 bouquet garni : thym, romarin, laurier, branche de myrte
  • Huile d’olive corse (de Balagne)
  • 2 cuillères à soupe de farine
  • Sel, poivre du moulin
  • Pâtes fraîches ou polenta de châtaigne en accompagnement

Préparation

1. Préparer les olives. Faire bouillir une casserole d’eau salée. Y plonger les olives dénoyautées pendant 5 minutes, égoutter, réserver. Cette étape adoucit le sel et l’amertume.

2. Saisir le veau. Dans une cocotte en fonte, faire revenir les lardons à feu vif. Les retirer. Dans la même graisse, faire dorer les morceaux de veau sur toutes les faces. Saler, poivrer.

3. Suer les aromates. Ajouter les oignons émincés et l’ail écrasé, laisser fondre 5 minutes à feu moyen.

4. Singer. Saupoudrer de farine, mélanger, laisser cuire 2 minutes pour fixer.

5. Mouiller. Verser le vin blanc, gratter les sucs au fond de la cocotte. Ajouter les tomates concassées, le concentré, le bouquet garni, les lardons. Mélanger.

6. Cuisson lente. Couvrir et laisser mijoter à feu doux pendant 1h30. Vérifier le niveau de liquide, ajouter un peu d’eau si nécessaire.

7. Ajouter les olives. Pour les 30 dernières minutes, incorporer les olives blanchies. Cela permet aux olives de parfumer la sauce sans devenir molles.

8. Servir. Retirer le bouquet garni, rectifier l’assaisonnement (attention au sel : les olives en apportent). Dresser avec des pâtes fraîches, de la polenta de châtaigne, ou des châtaignes cuites entières.

Variantes balanines

Plusieurs variations existent selon les familles :

Certains ajoutent une écorce d’orange en cuisson pour parfumer (très méditerranéen, typique de la Balagne).

D’autres remplacent partiellement le concentré de tomate par de la pâte de myrte ou de la marmelade de figue, pour une sauce plus sucrée.

Une version plus rustique de l’arrière-pays utilise du cabri (chevreau) à la place du veau, avec les mêmes olives.

Quel vin servir

Privilégier un rouge corse léger à moyen, qui équilibre le gras de la sauce sans écraser les olives :

Un Sciaccarellu d’Ajaccio, plus tendre.

Un Niellucciu de Patrimonio jeune, plus structuré mais cohérent.

Un Patrimonio rosé de gastronomie, qui fonctionne particulièrement bien l’été.

Préparer un séjour à Calvi

AEC Collection sélectionne et représente des villas et appartements de standing à Calvi et en Balagne. Pour le veau et les olives, les marchés locaux (Calvi le samedi, Île-Rousse le mardi) sont les meilleurs points d’approvisionnement. Plusieurs auberges de l’arrière-pays proposent le plat à la carte hors saison.