Le dernier télécabine descend vers Val d’Isère à 17h00. Quand les portes se referment au pied du Refuge de Solaise, à 2551 mètres, l’hôtel cesse d’être accessible. La nuit qui suit appartient à seize chambres, à un restaurant panoramique, et à un silence rare dans les Alpes, celui d’un sommet où ne reste plus personne d’autre.
Le Refuge de Solaise est l’hôtel le plus haut de France. Il occupe les anciens bâtiments de la première station de téléphérique des Alpes françaises, mise en service à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Sa rénovation et sa reconversion en boutique-hôtel quatre étoiles ont été pilotées par Paris Society, branche hôtelière du groupe Accor, pour une ouverture en saison 2019-2020.
Une station de téléphérique devenue hôtel
L’histoire du lieu commence à la fin des années 1930. Charles Diebold (1897-1987), industriel alsacien et fondateur de la première école de ski de Val d’Isère, pousse avec Jacques Mouflier le projet d’une remontée mécanique aérienne sur la Tête de Solaise. Les travaux débutent en 1939, suspendus par la guerre, achevés en 1942. Le bâtiment terminus est imposant : pierre brune, charpente, structure pensée pour résister aux vents d’altitude. Il sert d’arrivée du téléphérique pendant plusieurs décennies. Quand le télécabine moderne le rend obsolète, la gare reste vide, simple halte des skieurs.
En 2017, le groupe Paris Society reprend le bail. Le projet : conserver l’enveloppe d’origine, transformer l’intérieur en hôtel. Trois ans de chantier, livraison fin 2019. Seize chambres, un restaurant de 250 couverts (le Gigi), un bar lounge, un spa avec hammam et piscine intérieure. Le bois patiné des plafonds vient des charpentes d’origine ; les baies vitrées plein cadre donnent sur le massif de la Vanoise.
L’accès uniquement à ski ou par télécabine
Aucune route ne mène au Refuge. L’accès se fait par la télécabine Solaise, au départ du centre de Val d’Isère. Sept minutes de montée. Quand les remontées ferment, vers 16h30 ou 17h00 selon la période, l’hôtel s’isole. Le personnel travaille en rotation, les livraisons se programment dans la journée. Les hôtes du soir ont la prairie d’altitude pour eux.
Cette logistique se paie en sérénité. Pas de trafic, pas de bruit, pas de lumière parasite. Au coucher du soleil, la silhouette de la Grande Motte vire à l’orange, puis à l’indigo. Au matin, les premières descentes first track sont une exclusivité des résidents : avant l’ouverture des remontées au public, ils peuvent attaquer les pistes encore vierges.
Le restaurant Gigi et le spa
Le Gigi est l’élément central de l’hôtel : 250 couverts répartis sur deux niveaux, baies vitrées sud et ouest, terrasse extérieure ouverte selon la météo. La cuisine signée du chef est italienne contemporaine, avec un accent porté sur les pâtes maison et les pizzas au feu de bois. Les midis voient affluer les skieurs venus déjeuner d’altitude ; les soirs sont plus calmes, réservés aux résidents et à quelques tables extérieures sur réservation préalable.
Le spa occupe le niveau inférieur. Piscine intérieure avec baies sur les pistes, hammam, sauna, salle de soins. La carte privilégie les marques françaises haut de gamme (Sothys, Codage) et les protocoles courts (60-90 minutes) compatibles avec un planning ski.
Quand y aller
L’hôtel ouvre deux saisons : mi-décembre à mi-avril l’hiver, puis début juillet à fin août l’été. La fenêtre de février-mars combine neige stable et journées allongées. L’été, les randonnées partent du seuil de l’hôtel vers le col de l’Iseran et les lacs de la Vanoise. Octobre à novembre et avril à juin : fermé.
Préparer un séjour à Val d’Isère
AEC Collection ne commercialise pas le Refuge de Solaise lui-même : l’hôtel se réserve directement auprès du resort. Notre métier est ailleurs : nous sélectionnons des chalets privés et des appartements de standing à Val d’Isère, dans le village et sur les hauteurs de La Daille ou du Joseray, pour les voyageurs qui préfèrent leur propre cuisine, leur propre rythme, ou un format familial.
