VAL CENIS

Raclette : le geste valaisan et ses déclinaisons à Val Cenis

Par l’équipe AEC Collection Publié le 25 mai 2025 · mis à jour le 28 mai 2026 3 min de lecture

La raclette n’est pas née dans un appareil électrique. Elle est née devant un feu de bois, dans un chalet d’alpage du Valais suisse, à la fin de l’été, quand les bergers redescendaient des estives. Une demi-meule de fromage, posée sur une pierre plate, approchée des braises ; et au moment où la surface commençait à bullir, un geste à la spatule pour racler la couche fondue sur une pomme de terre.

De ce geste, racler, vient le nom du plat. La raclette n’a été officiellement nommée qu’en 1874, bien que le fromage fondu fût déjà documenté en Valais dès 1574.

Une origine valaisanne, mais une tradition partagée

L’aire historique de la raclette est le Valais suisse, où la Raclette du Valais AOP bénéficie d’une appellation d’origine protégée depuis 2007. Cette AOP garantit le lait de vaches d’estive valaisannes, la fabrication en alpage et l’affinage dans des caves traditionnelles. C’est la version la plus authentique du fromage à raclette, à la pâte ferme et au goût marqué de prairie.

Côté français, le raclette de Savoie IGP reconnaît une production de proximité, dans des conditions différentes, laiteries de plaine, affinage plus court, goût plus doux. Les amateurs distinguent les deux familles : la raclette suisse pour la complexité aromatique, la raclette savoyarde pour le confort en bouche.

Le geste à la demi-meule

Dans les chalets traditionnels du Valais, la raclette se fait toujours en demi-meule, fondue au feu de bois ou sous une résistance électrique selon les saisons. Le geste consiste à présenter la tranche fondue à plat, à attendre que la couche superficielle prenne une couleur dorée, puis à racler cette couche avec une spatule en bois sur une pomme de terre chaude.

Le service est rythmé : on rapporte une couche à la fois, à mesure qu’elle est prête. Chaque convive a sa pomme de terre, ses cornichons, ses petits oignons blancs, sa charcuterie de pays (jambon cru, viande séchée, lard fumé). On boit du vin blanc valaisan, Fendant, Païen, Heida, ou un thé chaud, jamais d’eau froide.

La version moderne, dans les Alpes françaises

L’appareil à raclette électrique, démocratisé dans les années 1970, a transformé l’usage du plat. Dans les chalets de Val Cenis comme dans le reste de la Savoie, on sert aujourd’hui la raclette en tranches individuelles à fondre soi-même, sur un appareil à plusieurs poêlons. Cette version familiale, plus pratique mais moins spectaculaire, ne remplace pas la raclette à la demi-meule des grandes occasions.

Les restaurants spécialisés gardent les deux options. Les raclettières traditionnelles à demi-meule se trouvent souvent dans les chalets-restaurants des hameaux les plus anciens : Lanslebourg, Lanslevillard, Bessans dans la vallée. Le service est plus long, le rituel plus marqué, et le résultat sans comparaison.

L’accompagnement

La règle traditionnelle est simple : pommes de terre en robe, cornichons, petits oignons au vinaigre, charcuterie sèche. Pas de pain, c’est la pomme de terre qui sert de support, comme en Valais. Certains chefs proposent une variante avec champignons sautés ou tomates confites, mais l’épure des cinq ingrédients de base reste la version canonique.

Côté vin, le Apremont de Savoie ou la Roussette accompagnent bien la version locale. Pour la version valaisanne, viser un Fendant du Valais. Les amateurs de rouge tenteront une Mondeuse de Savoie, peu tannique et minérale.

Préparer un séjour à Val Cenis

AEC Collection sélectionne et représente des chalets et appartements à Val Cenis et dans la Haute Maurienne. Les restaurants à raclette se réservent directement auprès des établissements.