BASTIA

Civet de sanglier corse : la recette d’hiver du maquis bastiais, marinade au Niellucciu

Par l’équipe AEC Collection Publié le 25 mai 2025 · mis à jour le 28 mai 2026 5 min de lecture

Le civet de sanglier, ou « stufatu di cignale » en corse, est le plat d’hiver par excellence de Bastia et de l’arrière-pays. C’est une recette de chasse, transmise dans les familles, qui repose sur un produit local non négligeable : le sanglier corse semi-sauvage, nourri de châtaignes et de glands du maquis, qui donne à la viande une signature aromatique qu’on ne retrouve pas ailleurs.

Le sanglier corse : pourquoi son goût est si typé

La Corse abrite une importante population de sangliers semi-sauvages, qui vivent dans le maquis et descendent des suidés introduits par l’homme depuis le Néolithique, croisés avec les sangliers européens. Leur régime alimentaire, basé sur les châtaignes, les glands de chêne vert, et les baies sauvages, donne à leur viande une saveur dense, profondément aromatique, qui supporte les longues cuissons en sauce sans s’effacer.

La chasse au sanglier est ouverte officiellement de mi-août à février selon les arrêtés préfectoraux. C’est une tradition profondément ancrée socialement, qui structure le calendrier de l’arrière-pays bastiais (Castagniccia, Casinca, Nebbio).

La recette : marinade, cuisson lente, sauce intense

Le civet de sanglier corse se distingue par trois éléments :

Une marinade longue (12 à 24 heures) dans un vin rouge corse, généralement Niellucciu (Patrimonio) ou Sciaccarellu (Ajaccio). Le vin attendrit la viande et la parfume.

Un bouquet garni du maquis : thym, romarin, laurier, myrte sauvage, baies de genièvre. Le zeste d’orange est parfois ajouté pour la note méditerranéenne.

Une cuisson lente de 3 à 4 heures à feu doux, qui désintègre les fibres et concentre la sauce. La sauce finale est sombre, presque noire, brillante quand elle est bien réduite.

La recette pour 6 personnes

Liste de courses pour 6 personnes

  • 1,5kg de sanglier en morceaux (épaule, gigot, ou mélange)
  • 1 bouteille de vin rouge corse (Niellucciu de Patrimonio ou Sciaccarellu d’Ajaccio)
  • 200g de lardons fumés
  • 2 gros oignons émincés
  • 4 gousses d’ail écrasées
  • 3 carottes en rondelles
  • 1 bouquet garni du maquis : thym, romarin, laurier, branche de myrte
  • 1 cuillère à soupe de baies de genièvre
  • 1 zeste d’orange non traitée
  • 2 cuillères à soupe de farine
  • Huile d’olive corse, sel, poivre
  • 50g de chocolat noir 70% (facultatif, lie et fonce la sauce)
  • Polenta de châtaigne ou pommes de terre en accompagnement

Préparation, étape par étape

1. La veille (J-1). Préparer la marinade : dans un grand récipient en verre ou en céramique, déposer le sanglier en morceaux, recouvrir de vin rouge, ajouter ail écrasé, oignons émincés, baies de genièvre, le bouquet garni et le zeste d’orange. Couvrir, réserver au frais 12 à 24 heures.

2. Le jour J. Égoutter la viande, la sécher au papier absorbant (réserver la marinade). Faire revenir les lardons dans une cocotte avec un peu d’huile d’olive, retirer.

3. Dans la même cocotte, faire dorer les morceaux de sanglier à feu vif sur toutes les faces. Saler, poivrer.

4. Saupoudrer de 2 cuillères à soupe de farine, mélanger, laisser cuire 2 minutes pour fixer.

5. Mouiller avec la marinade entière (légumes et liquide), porter à ébullition, gratter les sucs au fond de la cocotte. Ajouter les carottes et les lardons.

6. Réduire le feu, couvrir, laisser cuire 3 heures à 3 heures 30 à feu très doux. La viande doit se détacher facilement à la fourchette. Vérifier le niveau de liquide à mi-cuisson et ajouter un peu d’eau si la sauce réduit trop vite.

7. En fin de cuisson, optionnel : incorporer 50g de chocolat noir râpé pour lier la sauce et lui donner une rondeur supplémentaire. C’est une variante de Castagniccia, pas universelle, mais courante.

8. Rectifier l’assaisonnement, retirer le bouquet garni. Servir bien chaud avec de la polenta de châtaigne (option locale historique) ou des pommes de terre vapeur.

Servir et accompagner

Le civet de sanglier se mange chaud, en plat principal, en quantité généreuse. C’est un plat de cuisine de chasse, fait pour rassasier les chasseurs après une journée dans le maquis.

L’accord vin classique : le même vin que celui de la marinade, un Niellucciu de Patrimonio ou un Sciaccarellu d’Ajaccio, jeune ou de garde courte (3 à 5 ans). Les vins corses très évolués (plus de 10 ans) ne tiennent pas la puissance du civet.

Astuce locale : le civet est meilleur réchauffé le lendemain. Les arômes se sont liés, la sauce est plus dense. C’est pour cette raison qu’on prépare souvent un grand volume la veille d’un repas familial.

Où goûter le civet à Bastia

Plusieurs auberges et restaurants traditionnels de Bastia et de l’arrière-pays inscrivent le civet à la carte en automne et en hiver (octobre à mars). C’est un plat saisonnier qu’on ne trouve pas l’été. Pour les visiteurs hors saison de chasse, certaines maisons utilisent du sanglier d’élevage corse, mais le résultat est moins typé.

Pour la version maison, les bouchers traditionnels du marché de Bastia (place Saint-Nicolas, samedi matin) proposent du sanglier en saison.

Préparer un séjour à Bastia

AEC Collection sélectionne et représente des appartements et villas de standing à Bastia et dans le Cap Corse. Le civet de sanglier est l’un des plats à programmer absolument en cas de séjour hivernal, soit au restaurant, soit chez le boucher pour une préparation maison.